Pindare & Nietzsche

« Deviens qui tu es. »

Une formule antique devenue notre plus grand mystère :

Cela signifie-t-il que je ne suis pas encore devenu qui je suis vraiment ?

Devenez qui vous êtes

Comme je le souligne dans mon essai, la véritable question est celle-ci, absurde et fondamentale.

C’est là que réside la farce. Nous sommes déjà nous-mêmes, et pourtant, nous passons notre temps à nous en défendre. Nous sommes une œuvre en cours, dont l’artiste (notre néocortex, ce joyeux puzzle en constante évolution) est sans cesse contredit par le critique (notre cerveau émotionnel, le maître invisible de nos vies).

Le courage de la déconstruction

Dans notre quête obsessionnelle du « Moi authentique », nous oublions l’étape la plus douloureuse et la plus nécessaire : la déconstruction.

L’odyssée vers soi-même ne consiste pas à « trouver » une vérité cachée, mais à avoir le petit courage d’abandonner ce que l’on n’est plus. Abandonner les convictions qui nous encombrent. Abandonner les habitudes qui nous conditionnent (ce fameux « ding » de notification qui nous fait sauter comme le chien de Pavlov).

La liberté, cette chimère, est avant tout un acte de désobéissance. Désobéissance aux attentes sociales, mais surtout désobéissance à soi-même.

Qui pilote vraiment nos décisions ? C’est la question que l’on se pose en permanence. Souvent, la réponse est simple : l’habitude. C’est l’habitude qui nous maintient dans le « Moi d’avant ».

Si « Deviens qui tu es » n’est qu’un slogan, il a le mérite de nous rappeler que l’existence est une trahison permanente. Trahison de ce que l’on a été.

Alors, la prochaine fois que vous croiserez cette formule, ne cherchez pas un guide. Cherchez un miroir, et demandez-vous : « Qu’est-ce que je refuse de laisser partir aujourd’hui ? »

C’est là que l’odyssée commence.

Cet article est inspiré des thèses développées dans l’essai Devenez qui vous êtes : une odyssée vers l’accomplissement personnel. Pour explorer en profondeur les mécanismes de l’illusion de la réalité et de la liberté, cliquez ici.

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